Back from camden

Passer à l’acte

Guy Sorman expliquait récemment l’absence de réaction des argentins suite au vol de leurs retraites par le gouvernement socialiste en place.

On pourrait se demander ce qui se passerait en France dans de telles circonstances. Oups, notre système fonctionne par répartition depuis déjà plus d’un demi-siècle.

Néanmoins, Nicolas Sarkozy pourrait prendre les pleins pouvoirs en France, annuler des élections, collectiviser le pays, rien ne se passerait fondamentalement. Il y aurait aucune résistance. Bien sûr ça gueulerait dans les journaux et sur la toile. Et puis, quoi? Politiquement, la gauche de Sarkozy est anéantie. Il n’y a pas de droite. Le Parlement n’a aucun pouvoir sur l’exécutif.

Ce qui le retient : les faux-semblants, la volonté de paraître démocrate.

Mais à part cela, on se demande bien, au fond, ce qu’il attend pour étendre massivement son pouvoir. A sa place ça ferait longtemps que je l’aurais fait, pour l’Histoire.

  • VV

    Vous voyez Nicolas Sarkozy ouvrir un livre d’histoire ? Ou simplement vaguement s’y intéresser ? Non cette nouvelle race d’homme politique, contrairement à leurs prédécesseurs, vivent uniquement dans le présent. Ils n’entretiennent aucun rapport avec le passé, comme pouvait le faire, par exemple, Léon Blum qui traduisait du grec ancien. Leurs prédécesseurs savaient qu’ils faisaient l’histoire. Ca ne les empêchaient pas d’être veules, cyniques, intéressés. Mais ils savaient qu’ils seraient jugés et essayaient de faire bonne figure.

    Nous sommes passés à autre chose. Dans nos pays à une fin de l’histoire tragique, dans l’immédiat. Remplacé par la gouvernance, le train-train démocratique, les courbes d’opinion favorable. Tout un jeu qui consiste à jouir du présent, à occuper l’opinion, à séduire la ménagère sans la brusquer. Et sans s’occuper le moins du monde du lendemain, c’est-à-dire faire de la politique.

  • Aska

    Sur le vol des retraites, je doute que le terme “vol” soit sur toutes les lèvres. Je n’ai pas suivi cette histoire argentine mais je suppose qu’on a remplacé “vol” par “sauvegarde” en ces temps troublés où les marchés financiers sont franchement hasardeux.
    Et où un état peut à peu près intervenir où il veut face à cet “échec du capitalisme sauvage”.

  • Jb

    VV : Oui, mais je suis sûr qu’il veut aussi laisser sa trace. C’est un comportement naturel. Regardez Chirac qui construit son musée, pourtant s’il y en a un qui navigait à vue, c’est bien lui. Quand le Hongrois part en Georgie pour faire semblant d’arranger les choses, il se pose en médiateur, il veut laisser sa trace. Ou bien quand il convoque un G8 pour “refonder le capitalisme”. Il veut qu’on se souvienne de son nom.

    Aska : C’est bien vu. Sorman et moi-même sommes finalement trop naïfs, car les gens n’ont pas compris qu’ils sont perdants dans l’affaire.