Expériences
Je pense de plus en plus souvent, c’est-à-dire au moins une fois par heure, à réaliser une expérience d’ermitage. Certes, ce n’est pas comme si je n’avais pas l’habitude de la solitude et de ne voir personne des jours et semaines durant.
Mais là j’ai envie d’aller plus loin.
Encore faut-il définir ce que serait cet état d’ermitage personnel.
La base est évidemment de ne rencontrer aucune personne réellement.
Me passer de télévision n’est vraiment pas un problème. Je la conçois à présent comme une agression réelle sur mon cerveau. Étant adolescent, je la regardais sans arrêt, elle me fascinait, et plus les émissions étaient débiles, mieux c’était. J’étais fan de Canal+ donc, et de Dechavanne (Coucou c’est nous). Sans doute, cela n’a pas été sans conséquence sur mon état cérébral actuel. En tout état de cause, tout cela me parait maintenant vraiment à des années-lumière.
Passons sur la radio, je n’ai jamais eu l’habitude de l’écouter, et ses publicités incessantes et hystériques sont autant néfastes que sa consœur télévisuelle.
Le téléphone: je hais le téléphone. Il suffira de l’éteindre, et de l’oublier dans un coin.
Non, le problème pourrait venir d’internet, naturellement. Je suis pleinement conscient que j’aurais des chances d’être recruté si une tentative de greffe corporelle d’ordinateur wifi blanc à pomme était tentée par quelque scientifique japonais, tellement je suis drogué de réseau. Passer une heure la livebox en état désynchronisé (bouton @ clignotant) me met d’humeur exécrable.
N’éanmoins, je pense sincèrement être capable de gérer l’absence d’internet, si cela résulte d’une décision consciente et ferme de ma part, et en prenant des précautions concernant ma présence virtuelle, en prévenant de connaissances, par exemple.
Autre élément: je ne sais pas si j’accepterai le livre dans mon ermitage, et si oui, selon quelle logique. Après tout, il constitue une distraction, un loisir, comme le web, et pourrait tout aussi bien, à ce titre, être banni de l’expérience.
Je crois néanmoins que je vais garder la possibilité de lire. C’est bon pour le cerveau. Et cela n’implique pas de communication avec des personnes, ni avec l’actualité. J’essaierai de
lire des choses intelligentes, pour reconstituer un semblant de pensée. Évidemment, je bannirai toute sorte de magazines, journaux ou revues.
Il reste pour finir à déterminer la période d’ermitage. Je penche pour une durée d’une semaine. D’abord, il est facile de faire des réserves de nourriture et autres pour une telle période, cela ne pose pas d’inconvénient majeur, et je peux me passer de pain frais.
Si l’expérience s’avère concluante, je ne pense pas que j’allongerai la période pour en faire petit à petit un état normal, ce qui serait stupide relativement au besoin de travailler.
Mais pourquoi pas renouveler l’expérience à fréquence régulière.