Ensemble, le dégoût devient possible
J’étais de passage au centre commercial lundi dernier. C’est le genre de centre que l’on retrouve partout sur la planète, où s’agrègent tous types de magasins plus immenses les uns que les autres. Plusieurs proposent même des cafétéria à l’intérieur. Enfin, vous connaissez tous cela.
J’éprouve pour ce genre d’endroits un malaise de plus en plus prononcé. Ils provoquent en moi quand je les visite une fatigue extrême, un poids énorme, que je retrouve par exemple pas dans le métro pourtant bondé. C’est l’accumulation de tant de produits et d’êtres humains qui ne cesse de m’halluciner.
Ces impressions peuvent être traitées en quatre points bien distincts.
1/ Comment tant de gens peuvent fréquenter ce genre d’endroits et aimer cela ?
2/ La grouillante masse apparemment se contente facilement d’une vie extrêmement moyenne, alternant globalement entre boulot en centre-ville, pavillon de banlieue standard, et centres commerciaux d’ultra basse densité.
3/ D’un point de vue métaphysique, comment les personnes ne s’aperçoivent pas de cette certaine médiocrité, et ne désirent pas se créer un environnement plus agréable et unique.
4/ Non, rien de plus, c’était juste pour faire comme Nicolas Baverez.
Enfin, je me rends compte de ces sentiments asociaux qui surgissent en moi. Je pourrais avoir une réaction primaire et ultra-gauchiste, en militant pour la décroissance et l’alter globalisation. Mais je préfère être réaliste en disant simplement que l’humanité me dégoûte de plus en plus fortement.