Back from camden

2008

Portraits de femmes


Un édito du Fig Mag

Bertrand Delanoë, il est vrai, professe aussi un libéralisme plus « libertaire » qui le conduit notamment à soutenir le mariage homosexuel, l’homoparentalité ou le droit de vote des étrangers. Cette profession de foi réjouira les doctrinaires du « laisser-faire, laisser-passer » qui, à l’instar d’un Alain Madelin naguère, considèrent que le libéralisme est un bloc dans lequel on ne saurait faire le tri.

Alexis Brézet, éditorial du Figaro Magazine, 31 mai 2008

Deux choses à noter dans ce passage.
- L’erreur classique et assez fatigante d’employer « laisser-faire, laisser-passer » à l’infinitif, à la place de « laissez-faire, laissez passer ».
Pour un directeur de la rédaction d’un des premiers hebdomadaires nationaux, censément de droite, ça la fout un peu mal.

- Sur le fond: Si l’on entend du “laissez-faire” par une attitude neutre du pouvoir politique en matière de droits, alors je doute fortement que cela définisse la volonté de Bertrand Delanoë. Car, dans son objectif de constitution d’une société “libertaire”, le rôle de sa municipalité est tout sauf neutre: subvention d’associations, organisation d’évènements et de fêtes… J’en passe et des meilleurs.

Prises de conscience

Le flot d’informations et de déclarations publiques saisissantes par leur monstrueuse imbécilité est continu. Et rien, pas même un méga-barrage hydroélectrique chinois ne saurait le stopper, serait-ce une seule journée.
Cela crée à la longue une sorte d’immunisation. Une habitude à la stupidité médiatique ambiante.
Tout cela, nous le savons déjà.

Néanmoins, il arrive encore que des évènements provoquent des réactions unanimes complètement à côté de la plaque, au raisonnement totalement biaisé.
Ces réactions sont tellement hallucinantes, par leur bêtise et leur ampleur, que, comme une grosse claque dans la gueule, un peu sonné, on reprend soudainement contact avec la réalité.
Une reconnexion désagréable à la noosphère, où l’on prend de nouveau mesure de la mentalité de notre époque.

nouvelbos
Page d’accueil du Nouvel Obs, 1er juin 2008

Je n’ai pas vraiment envie de présenter les contre-arguments de bon sens, et d’une grande simplicité, face à cette bronca. D’abord, cela ne servirait pas à grand chose (certes, comme l’ensemble de ce blog), ensuite, ils ont déjà été très bien exposés un peu partout sur quelques sites épargnés.

Mais tout de même, nous vivons une époque pitoyable. Dont le premier adjectif qui me vient pour la définir est hystérique.

L’incroyable vie de Spachouli, homme nouveau

Il était 5h30 du matin, et tout le monde dormait dans la maison. À l’exception de Spachouli, déjà frais et dispo, comme tous les jours. À présent sur son tapis roulant, dans la salle de sport, il enchaînait les kilomètres de footing comme ses voisins les ronflements sourds d’un sommeil profond.

Il pensait au programme de sa journée.

Doté d’un cerveau plus développé que la moyenne, Spachouli avait la faculté de rationaliser à outrance ses moindres faits et gestes. Il lui était possible de programmer son cerveau au niveau de son subconscient, tel un codeur en C/C++ le noyau de sa distribution Linux. C’est ainsi qu’il s’était programmé pour se lever tous les matins, automatiquement, à 5 heures précises, dès que le réveil émettait une discrète alarme.

Cette manière de gérer sa vie faisait bien des envieux, et Spachouli avait conscience de cet avantage important qu’il possédait sur le commun des mortels. Tel Alain, son ami d’enfance, là-haut dans la Drôme, stéréotype parfait de la personne esclave de ses émotions.
Il avait donc fait de ses facultés son commerce: à intervalles réguliers, il publiait sur Internet de longs articles où il expliquait au grand public, dans un style simple et accessible, comment acquérir ces avantages comportementaux; en bref, comment devenir Spachouli.
Ces publications avaient beaucoup de succès. Son site, placé 2000ème au classement Technorati, lui prodiguait des revenus substantiels via les encarts publicitaires qui décoraient tous ses papiers.
Mais on ne devenait pas Spachouli par simple hasard, et il avait du en baver pour devenir l’être semi-divin qu’il incarnait à présent. Il avait du endurer diverses expériences originales que le commun des mortels n’osaient envisager, serait-ce en rêve.
Parmi ces expériences, nous pouvons particulièrement noter la tentative de dormir seulement trois heures par jour, par intervalles de vingt minutes. Ou bien, abandonner toute nourriture animale, et cuite: devenir crudivoriste.

Le programme de sa journée, donc, était fixé de manière assez précise. Quoique Spachouli se réservât des moments d’improvisation, eux-mêmes faisant partie d’une stricte planification: il fallait tirer parti de ces instants de laisser aller d’une manière ou d’une autre; pour construire le spachouli nouveau, l’Homme moderne dans son bien-être absolu, un modèle, un profil type éventuellement exposable dans un zoo extra-terrestre.
Étant dans sa période de remise en cause alimentaire, l’esprit de Spachouli était fixé sur la nourriture qu’il allait ingérer ces prochaines vingt-quatre heures. Plus précisément, il était en train de calculer le nombre de bananes qu’il devrait acheter à son marchand de fruits. Marchand bien entendu choisi selon des critères spachoulesques déterminés selon un cahier des charges extrêmement exigeant, notamment en matière de nombre de calories et de provenance biologique du produit.
Il s’était équipé d’un cahier en Moleskine où il notait toutes ces informations précieuses, sortes de pépites d’or d’un autre siècle. Les mots, ses conseils, faisaient sa fortune, et aucun élément pouvant servir à un développement personnel optimal ne devrait être épargné.
Au bout de son quinzième kilomètre, il décida de s’arrêter. Ses muscles dès lors correctement entretenus, il pouvait envisager sereinement la prochaine étape de sa journée.

This is a call to all

a-call

Sortir de sa condition

Les hommes sont faibles

Cette vérité définitive est signée Elrond, lors de l’arrivée de Frodo à Imladris (Le Seigneur des Anneaux).

elf
Devant ce terrible état de fait, deux choix: Tout d’abord, simplement se résigner.

Solution alternative: abandonner sa condition de vilain mortel et embrasser pleinement une nature d’elf.
C’est ce qu’explique, photos à l’appui, ce site assez original.
Ceux qui me connaissent le savent déjà, je possède la faculté de ne pas vieillir; je ne suis donc pas concerné par ces artefacts. Mais l’initiative est louable et je tenais à la signaler.

Antidotes contre conjoncture apocalyptique (et ses conséquences médiatiques).

Je ne sais pas si, cher lecteur, tu l’auras remarqué comme moi, mais il semble difficile de considérer l’actualité comme particulièrement réjouissante.
Les horreurs climatiques de l’autre côté de la planète passent encore. Le problème, ces temps-ci, est que les ennuis commencent à se rapprocher de manière inquiétante. C’est le bordel un peu partout. Les pêcheurs et autres routiers bloquent les raffineries et les ports de commerce. La semaine dernière toute la région a manqué de carburant pendant 48 heures. Le climat s’emmêle. Bref, tout cela va peut-être avoir des conséquences sur ma petite vie isolée, là-bas, loin dans la montagne. Je ne demande pourtant rien à personne.
Le cirque médiatique, bien rôdé, est en conséquence encore plus insupportable. Les experts en tout et n’importe quoi s’en donnent à cœur joie sur les chaînes Info en continu.

Il faut trouver un moyen de s’extraire de ce marasme.

Et j’ai pour ma part trouvé quelques solutions intéressantes, vidant à déconnecter complètement mon cerveau. Je ne préconise pas ces expériences, comme elles auront tendance à vous lobotomiser.
Tout d’abord, il faut écouter RMC Info, de 16h à minuit. C’est le moment où l’antenne est consacrée au sport, particulièrement au football. Attention, il ne faut pas écouter cette radio avant 16h: la matinée est consacrée aux sujets sociétaux, généraux, ponctuée d’interventions d’auditeurs pour le moins manganis dont on se passera forcément, celles-ci renforçant le poids du monde sur les épaules de l’auditeur.
On passera aussi, par pudeur et absence d’intérêt, sur l’intevalle 14h – 16h, occupé par Brigitte Lahaie et divers problèmes intimes du public.
Mais à partir de 16h, le bonheur vous est offert: Luis Attaque, Moscato Show, Coach Courbis, Prolongations, avec un peu de chance AfterFoot ou LarquéFoot.
Je vous promets la sérénité et l’apaisement d’un cerveau totalement au repos.

Maintenant que nous avons la base pour nourrir le cerveau sans aucunement le fatiguer, il faut de même trouver une occupation pour votre corps. Je l’ai trouvée il y a deux jours grâce un lien anodin posté via mon MSN. Il s’agit, modestement, d’un Bubble Shooter.
L’avantage de ce jeu est primordial: il se marie parfaitement avec un programme auditif tel qu’RMC Info.

Tout ce processus peu complexe a un bénéfice caché mais à ne pas prendre à la légère: en plus de votre sérotonine, il économise la bande passante de votre connexion Internet. Vous pourrez donc télécharger à volonté des séries TV débiles que vous regarderez le soir venu, pour vous endormir.

Vous connaissez maintenant un moyen infaillible pour un exil intérieur optimisant au maximum vos ressources neuronales. Ne me remerciez pas.

inondations
Ajaccio le 30 mai 2008

Droit opposable à météo favorable

Cela fait trois jours qu’il pleut sans discontinuer. Une pluie fine et drue. Insidieuse, on l’aperçoit à peine à travers la fenêtre.
Avant-hier il a grêlé à deux reprises, l’espace de dix minutes. Le bruit des projectiles sur le toit évoquait l’arrivée de l’Apocalypse.
Les dégâts dans la région sont considérables.
Les entrepreneurs du bâtiment travaillent au ralenti, et perdent ainsi des sommes d’argent importantes.
Sous le barrage de Serre-ponçon, les Trois lacs (amateur de frames, ne rate pas ce site) n’en sont devenus plus qu’un. Le circuit de karting a été inondé. Et la route d’Espinasse interdite cette nuit par mesure de précaution.
Dormant la fenêtre ouverte (c’est une véritable mousson), il m’arrive d’entendre des éboulements dans les ravines toutes proches.
Je ne sais pas trop comment il faut réagir. Dois-je faire une offrande à Dieu? Dois-je écrire des poèmes elfiques en italique?
Mais après tout je pourrais demander réparation au gouvernement. Celui-ci me vendant son réchauffement climatique toute l’année, je considère être en droit de le subir. Et mon département fait de ses 300 jours de soleil par an (record national) un argument marketing pour inciter les fonctionnaires et écolos bobo à l’immigration.

Par ailleurs, les pays réellement développés, suivant les préceptes bidoliens, commencent à évoquer le droit opposable à l’orgasme.
Je réclame donc à mon tour un droit opposable à une météo favorable.