Back from camden

2008

The Fifth

En vadrouille

Je suis allé à Notre-Dame de la Salette aujourd’hui. Haut lieu de pèlerinage catholique.
Un endroit vraiment magnifique.
J’y ai fait quelques photos, comme dans la vallée du Dévoluy où je suis passé en rentrant. Un endroit où j’aimerais bien vivre. Une vallée assez large, très ensoleillée, des champs d’herbe à perte de vue. Bon, l’inconvénient reste l’hiver, il y neige vraiment beaucoup. Certains cols sont alors fermés. Et puis c’est un peu loin d’une agglomération un peu importante (environ 45 minutes de Gap).

Remous au 20H

L’accord de Laurence Ferrari pour revenir sur TF1 en grande prêtresse de l’information étant désormais public, l’éviction de PPDA de son journal est en conséquence acquise.
Je ne vais pas pleurer. Cela fait un moment que ce journal est très mauvais.
Le traitement des sujets est superficiel; les reportages semblent cibler un public de huit ans.
Le rythme des nouvelles est mal orchestré. On passe du coq à l’âne, sans transition, quelquefois une seule phrase entre deux reportages suffit pour traiter un évènement capital.
PPDA parle extrêmement vite. Il nous fait comprendre qu’il a un quota important d’infos à déballer, mais est en même temps très limité question temps.
C’est la fin du journal la plus pénible: Messe environnementaliste de cinq minutes obligatoire (l’instant anti-américain étant généralement situé en milieu de journal). Credo qui vous sera rappelé par Evelyne Dhéliat à la météo.

J’avais eu l’occasion, il y a quelques années à l’université, d’assister à une conférence avec PPDA, organisée par le Master Droit et journalisme. Il n’avait pas été mauvais. Assez combatif. L’ambiance était tendue par la prise de parole de gauchistes virulents dénonçant Bouygues, le grand Capital… Ils venaient sans doute de la fac de lettres, à côté.
Il avait encore eu à se défendre de ses fautes du passé, la fausse interview de Castro, etc. J’avais trouvé ces critiques assez basses, ce n’était vraiment pas le sujet de la conférence.
Je n’avais pas aimé la façon qu’il avait eue, lors de son entrée dans l’amphithéâtre, d’aller s’asseoir sur le banc du premier rang, avec une incroyable fausse modestie, alors qu’il était l’invité principal, et sa place logique étant sur l’estrade professorale.
Il avait défendu la pluralité de la presse, la concurrence entre les chaînes, seule garante d’un journalisme de qualité. Il aurait fallu lui rappeler que le nombre d’acteurs sur un marché n’est pas le critère principal pour le définir comme concurrentiel…
Mais enfin, son discours plutôt critique de la télévision d’État avait été plutôt satisfaisant. Et à relativiser à présent, comme il risque de se retrouver sur France 2 la saison prochaine.

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Je voulais mettre une photo personnelle de PPDA prise lors de la conférence, mais finalement je préfère ces rochers de la frontière entre l’Alta-Rocca et le Porto-vecchien.

Breaking Bad

Vous êtes habitués aux images léchées de Desperate Housewives, Prison Break, ou bien Weeds. Aux bons sentiments et personnages sans faille d’Heroes ou Lost.
Oubliez tout cela avec Breaking Bad. Une série dure, réaliste. Un décor et photographie sans fignolage, raw. Des dialogues limités, sans superflu. Et des personnages communs, mal fagotés, ridés; assez moches.

L’histoire ressemble à celle de Weeds, mais une classe (au sens marxiste) en dessous. Disparue, la mentalité libérale démocrate.
Walter White, un professeur de chimie qui a vraiment du mal à joindre les deux bouts et nourrir sa petite famille (comprenant un adolescent infirme), apprend soudainement qu’il est atteint d’un cancer des poumons.
Se sachant condamné, il décide d’utiliser ses exceptionnels talents de chimiste pour entreprendre, avec un ancien de ses élèves, un commerce de méthamphétamines. Pour ainsi engranger rapidement beaucoup d’argent et mettre sa famille à l’abri du besoin – et accessoirement payer sa chimiothérapie.

Outre les personnages très réalistes, l’ambiance est tendue au possible. Le handicap du fils, la pauvreté du foyer, la maladie de Walter créent des situations tendues. Physiquement et moralement. La communication est difficile dans la famille.
Puis, évidemment, le trafic de drogues et les nouvelles relations humaines qu’il engendre ne vont pas aller sans complications sérieuses.

Que dire de plus? Cette série est une sensation. Arrêtez tout et regardez-la. Yo.

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Résistance

Responsable d’LCI, doté d’une forte conscience citoyenne, Luc se devait de marquer le coup pour cette Journée mondiale de l’environnement.
Mais que faire? La quantité d’informations diffusées sur le réchauffement climatique, les émissions de CO2, la fonte des glaciers, était tellement importante, qu’il devenait ardu de se démarquer du terrorisme écologique ambiant.
Luc décida donc, en sus des habituelles émissions et unes de journaux consacrées, plus un édito de Christophe Barbier sur le sujet, de modifier le décor général du plateau:
Bandeau d’annonces vert pomme, une jolie pelouse incorporée dans l’arrière-plan.
La journée d’actions serait réussie. Son devoir républicain réalisé, il pourrait rentrer chez lui apaisé et satisfait. Son acte de résistance accompli.

Le mariage annulé

- Élisabeth Badinter se dit «très inquiète», craignant que ce jugement fasse «courir nombre de jeunes filles musulmanes dans les hôpitaux pour se faire refaire l’hymen».
Pour certains, ce jugement ferait passer le message aux jeunes filles qu’elles sont trahies par la République (rien que ça).

Plutôt que de craindre ce genre de choses, qui impliquent une négation de la volonté des femmes, il faudrait plutôt faire en sorte que celles dont le futur mari demande pareille qualité, ou dont le mariage est forcé, puissent exprimer leur refus de telles conditions sans risque de représailles violentes. Ce qui revient à demander à la République de protéger des agressions les citoyens.
Cette tâche essentielle et basique ne doit pas être assez progressiste pour Mme Badinter.

- Les libéraux seraient du côté des islamistes. Argument de mauvaise foi incroyable. Les libéraux sont pour la liberté de choix des critères du mariage, qu’ils soient d’origine musulmane ou scientologue. Par contre ils font cas de la liberté de consentement des acteurs et leur protection en cas d’influence extérieure non désirée (principe de non-agression).

- Certains avancent que si le motif de telle affaire avait été réac de droite (sur un critère catholique, par exemple), l’annulation n’aurait jamais été prononcée en première instance. Il y aurait donc deux poids deux mesures selon le critère d’origine du requérant.
Plutôt qu’une réaction épidermique souhaitant une interdiction, légale ou jurisprudentielle, pour tous, il faudrait inversement réclamer une liberté de choix encore plus grande.
La problématique est alors déplacée à la vision de la société sur les revendications politiquement incorrectes, quel qu’en soit leur motif.

- Le recours à des spécialistes du droit (on devrait plutôt dire, spécialistes de la loi) pour répondre à des sujets de société n’est pas forcément opportun, loin de là. Il a pour inconvénient d’éviter les jugements moraux et de s’en tenir uniquement aux textes de loi. C’est facile, cela revient à réciter son Petit livre rouge estampillé Dalloz. Mais la loi en cause ici est d’inspiration libérale et parfaitement respectable, en droit. Le mariage étant un contrat privé entre deux personnes, ses modalités sont censées libres, et non susceptibles de jugement moral. S’en tenir à des arguments juridiques semble ainsi parfaitement suffisant.

Convivialité

J’ai pris ce matin connaissance par une lecture approfondie de L’Équipe d’une problématique majeure concernant des matchs de football. Plus précisément, ceux de l’équipe de France dans certains stades hexagonaux.
Il s’agit du problème de la ola. Pour les horrifiés du football et du sport en général, une ola est un mouvement coordonné des spectateurs, se levant tous les uns après les autres pour former une vague, afin d’affirmer leur contentement et leur bonheur d’être présents dans le stade.
Ce phénomène se déroule normalement quand un évènement exceptionnel se passe sur la pelouse: l’équipe à domicile gagne largement, ou bien joue de manière fabuleuse. Et, en effet, je me souviens bien avoir participé personnellement à quelques-unes, en début des années 90 à Marseille, quand l’OM explosait ses adversaires par des scores fleuve de 7 à 0.

Et bien, il appert que ces conditions d’exception ne sont apparemment pas nécessaires au public de l’équipe de France: il se manifeste ainsi dès le début de la partie, et pour raison inconnue. À part, je ne vois que ça, pour exprimer une sorte de festivité conviviale incongrue. J’ai ainsi pu constater hier, comme les journalistes du quotidien sportif, une ola s’enchaîner dès la huitième minute du match. Magnifique.

Il faudrait que je fasse maintenant un constat triste sur la qualité des supporters des Bleus. Que je dise que ce sont des bobos ne comprenant rien au football. Présents au stade seulement pour célébrer une communion médiatique estampillée TF1. Avec les ptits drapeaux Bleu-blanc-rouge, le maquillage sur la joue, etc etc.
Je le ferai seulement une fois expliqué le problème que ces effets de foule engendrent.
Le voici, tenez-vous bien: Une partie de la tribune refuse systématiquement de se lever lors ces olas, celle des officiels et assimilés, surnommés “costards-cravate”. Les festifs conviviaux, mécontents qu’on leur casse leur magnifique vague, répliquent alors en sifflant méchamment les collés-au-siège.
Ces sifflets créent une confusion sur le terrain, les joueurs pensant qu’ils sont des reproches à leur encontre. Ils se mettent donc à mal jouer. Au final, le sélectionneur de l’équipe y va de sa critique du public en conférence de presse.

Voilà, ce sont les problématiques qui m’ont animé une bonne partie de la matinée. Demain je vous raconterai pourquoi je ne regarde plus House M.D., car j’estime que c’est un connard et ses fans des sadomasochistes.

Traîner ses guêtres dans la forêt

Apercevant cet après-midi quelques éclaircies dans le ciel grisâtre j’ai décidé d’aller faire une petite balade dans l’obscure forêt de Combes Noires.
Bon, ce n’est pas comme si j’avais escaladé l’Annapurna. Mais bon, il faut bien sortir de sa tanière de temps en temps… non?

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On voit le Pic de Bure au fond. Et les nuages bien épais s’amoncellant.

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Dans la vallée nous pouvons voir la petite commune de La Roche des Arnauds. Derrière, le torrent, considérablement grossi par les pluies abondantes actuelles.

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Et voilà le bout du chemin. Une sorte de plate-forme qui servait dans le temps à entreposer des ruches. Et, un peu plus bas, une mange à sangliers, inactive maintenant (c’est devenu illégal).