Back from camden

2008

Who’s in charge?

On my block, a lot of people walk their dogs and I always see them walking along with their little poop bags. This, to me, is the lowest activity in human life. Following a dog with a little scooper. Waiting for him to go so you can walk down the street with it in your bag. If aliens are watching this through telescopes, they’re going to think the dogs are the leaders of the planet. If you see two life forms, one of them’s making a poop, the other one’s carrying it for him, who would you assume is in charge?
I say, if this is where we’re at after 50,000 years of civilization, let’s just give up. I’m serious, let’s pack it in. It’s not worth it. Let’s just say the human race as an idea didn’t quite work. It seemed good at first, we worked on it for a long time, but it just didn’t pan out. We went to the Moon but still somehow wound up carrying little bags of dog doody around with us. We just got mixed up somewhere. Let’s just give it over to the insects or whoever else is next in line.

Jerry Seinfeld

La grande parade

Le Mur est tombé en 89. Enfin je crois. Je commence à douter.

L’ermite de Roquebrune

Michel P., un homme d’une cinquantaine d’années qui semble avoir vécu reclus dans la maison de ses parents depuis son adolescence, a été découvert, lundi 7 juillet, par des policiers. (…)
D’après la police, l’homme, en état de dénutrition, a la peau anormalement pâle et des cheveux de plus de trois mètres de long. Il a expliqué qu’il les laissait pousser depuis ses 14 ans, n’ayant pas apprécié qu’on le force à les couper. Cette anecdote était parvenue jusqu’aux oreilles d’une voisine, qui n’hésite pas à affirmer : “C’est après cette contrariété qu’il avait décidé de ne plus sortir de la maison.” (…)
Comme la plupart des habitants du quartier, elle connaissait donc l’existence du fils du couple et son mode de vie particulier mais ne s’en formalisait guère “car ils ne gênaient personne”.
“On savait que le fils ne sortait pas, explique un voisin, mais il n’y avait pas de raisons de s’immiscer dans leur mode de vie. C’était des gens très, très bien. Ils ne gênaient personne”, précise-t-il, confirmant la situation “plutôt aisée” de la famille.

Source: Le Monde.fr

Vie et mort en Union Soviétique

Krylenko was promoted to Commissar of Justice of the USSR on July 20, 1936 and wasn’t directly affected by the first waves of the Great Purges in 1935 to 1937. However, at the first session of the newly reorganized Supreme Soviet in January 1938 he was attacked by an up and coming Stalinist M. D. Bagirov:

Comrade Krylenko concerns himself only incidentally with the affairs of his commissariat. But to direct the Commissariat of Justice, great initiative and a serious attitude toward oneself is required. Whereas Comrade Krylenko used to spend a great deal of time on mountain-climbing and traveling, now he devotes a great deal of time to playing chess. [...]
We need to know what we are dealing with in the case of Comrade Krylenko — the commissar of justice? or a mountain climber? I don’t know which Comrade Krylenko thinks of himself as, but he is without doubt a poor people’s commissar. I am sure that [Soviet prime minister] Comrade Molotov will take that into account in presenting the slate of nominees for the new Council of People’s Commissars of the Supreme Soviet.

The attack had been clearly coordinated and Krylenko was removed from his post on January 19, 1938. After turning the Commissariat over to his replacement, N. M. Rychkov, Krylenko was arrested late at night on January 31, 1938. After 3 days in an NKVD prison, he “confessed” that he had been a wrecker since 1930. On April 3 he made an additional “confession” explaining that he had been an enemy of Lenin’s even before the 1917 revolution. At his last questioning on June 28, 1938, he “confessed” that he had recruited 30 Commissariat of Justice employees to his anti-Soviet organization.

Krylenko was tried by the Military Collegium of the Soviet Supreme Court on July 29, 1938. The trial lasted 20 minutes, just enough for Krylenko to retract his “confessions”. He was found guilty and immediately shot. The NKVD officer who had taken Krylenko’s testimony, one Kogan, was, in turn, shot in 1939 for “anti-Soviet activity”. Krylenko’s sentence was annulled by the Soviet government during the first wave of destalinization in 1955.

Source: Wikipedia

Une époque formidable

Il y a une chose intéressante dans notre époque, c’est qu’on peut assister à des phénomènes qu’un esprit sain penserait pourtant inimaginables. J’emploie l’expression “chose intéressante”, comme curiosité, pas comme passion.
Il y a dix ans environ j’ai lu avidement l’archipel du Goulag, et pensais, concernant la partie sur les procès staliniens des années 30, avec le fameux Krylenko comme procureur général, que c’était vraiment un fait unique et extraordinaire. Auquel probablement je n’assisterais pas de ma vie.
Et aujourd’hui, avec la lecture d’articles de Rue89 ou Libération sur des blogs “réac”, tellement remplis d’approximations et réels mensonges, j’ai le fort sentiment de voir, comme spectateur, ce genre de processus naître en direct live.

Il faudrait une analyse scientifique détaillée pour faire apparaître la différence de nature entre un cerveau citoyen, dressé par la République – pas celui des journalistes, qui eux expérimentent en toute conscience le Mal, en tant que Toohey de Leader Price, mais celui d’un lecteur de Rue89 lambda – et un cerveau apte à la réflexion et l’examen rationnel d’un phénomène donné.
Pour mesurer les fondements biologiques de ces pensées; les mécanismes neuronaux, les circuits synaptiques.

Béatrice

Dans la rue une voiture freina brusquement. Béatrice leva la tête et regarda attentivement par la fenêtre. Espérons que personne ne soit touché, se dit-elle.
Mais peu importait finalement : pas assez de grabuge pour des ragots.
Elle se remit au travail. Consciencieusement, dans un faux silence troublé par des bruits de pas sur la moquette, dans les couloirs, et des bruits de photocopieuses automatisées.
Son bureau de taille modeste lui convenait. Il n’était objectivement pas très beau, le mobilier un peu sale et vieillot, mais Béatrice ne s’en souciait point.
Peu lui importait à vrai dire, tant que sa routine n’était pas remise en cause.
Elle travaillait depuis septembre dernier comme clerc de notaire, dans la banlieue nantaise. Elle n’avait pas vraiment eu de mal à trouver cette place, serait-ce en ces temps de chômage massif. Son bac+5 en poche certifié fac de droit Master 2 droit notarial (quine), puis un piston massif par sa mère, avaient arrangé les choses.
Sa position sociale n’était pas à déplorer. Et non pas déplorable. En ces temps de prolétarisation avancée du pays, dire que l’on travaillait dans un office notarial donnait ce léger avantage, primordial, sur son voisin potentiel moyen. Le notariat donnait cette impression de pouvoir, que procurait la capacité de rédiger des actes ayant valeur légale.
Mais en réalité ce boulot de clerc de notaire dénotait peu de celui d’un fonctionnaire classique, même d’un point de vue salarial, surtout en province.
Et, concrètement, il se résumait à entrer des chiffres dans des cases. Sélectionner les bons formulaires, maîtriser le copier-coller par une coordination parfaite auriculaire-index (pouce-index sur mac, mais le mac c’etait plus le truc des médecins). Bien se relire, corriger les pluriels et genre des sentences juridiques traditionnelles, que l’on retrouvait d’un document .doc à l’autre.
Au bout de trois mois le mécanisme était ancré en elle, intégré dans son subconscient, telle son horloge biologique lui indiquant que le temps de la maternité viendrait prochainement.
Mais qu’est-ce que ses petits doigts graisseux étaient capables de faire d’autre, que de taper bêtement sur un clavier poussiéreux? C’était la question qu’il était recommandé d’éviter, de repousser, le plus longtemps possible. Qu’est-ce qui caractériserait sa vie, quelle perspective lui donnerait-elle, entre deux star ac’ et un Secret Story? Jamais une mise en relief ne s’imposerait à elle.
Quelles étaient les aventures de sa vie? Les trips d’été sur les plages de l’Atlantique, avec les potes. Les feux de joie, les joints, et la bière tiédasse.
Béatrice ne se demandait pas si sa fonction n’était pas sous-évaluée par rapport aux cinq années d’études, sur-évaluées, elles, qu’elle s’était durement tapées, à coups de fiches cartonnées mi-format à petit carreau roses et jaunes.
Comme sa photocopieuse professionnelle dans le local voisin, son cerveau était en mode automatique. Elle n’était vraiment pas faite pour se poser ce genre de questions.
Peu lui importaient les problématiques d’éducation. L’évolution de la société, le niveau culturel ambiant. La dernière émission de Finkielkraut sur France Culture.
Et, pour l’aider à se soustraire de ces importantes problématiques, la Technologie ainsi qu’un quarteron de japonais avaient créé pour elle le téléphone baladeur radio-mp3.
Voilà comment la Liberté prenait matière en notre majestueux XXIème siècle.
À tout moment de la journée où son esprit n’était point occupé par un stimuli extérieur, elle pouvait se réfugier sur son bout de plastique à 130 euros et ses deux fils noirs pendants, pour ne point interrompre le flux continu de données tierces.
Ces stimuli étaient de divers ordres. Humains, radiophoniques, visuels. Leur source n’était que peu d’importance. Ils variaient du matin au soir, et de la semaine de travail au week-end, selon les impératifs sociaux chroniques auxquels Béatrice se pliait sans question. Jamais elle n’aurait pu envisager de commencer à remettre en cause ces coutumes de vie.
Néanmoins, malgré tous les efforts réalisés pour combler sa vie de ces communications, il restait quelques moments où Béatrice se retrouvait seule. Comme sur le quai de la gare, tôt le matin. Ou pendant sa marche entre le terminus et l’office.

C’est dans ces moments que Béatrice risquait le plus de se mettre à penser.

Bouleversement (obscur)

La compagnie de personnages tels qu’Howard, Dominique, et Gail; l’ermitage, néanmoins technologique, forcené dans la montagne; des instants d’intense effort sur les pistes forestières en vélo tout terrain. Enfin, un soleil toujours présent.

Et puis, soudain, la descente forcée dans la ville; les vilains édentés, les barbus tout de blanc vêtus, le survêtement de rigueur, la saleté omniprésente.

C’est le choc.

Two spaces

Two spaces – Frank Black

Dans cette chanson, Frank Black a une voix douce et calme. Il ressort de son chant une certaine gentillesse, une honnêteté. Comme une volonté de témoigner d’une tension.
L’accompagnement musical est plutôt pauvre, mais psychédélique. C’est un peu n’importe quoi, délirant.
Les lignes de synthé sont brusquées, légèrement dissonantes.
C’est un environnement instable.

La structure de la chanson est très simple et courte. Deux couplets et un refrain.
Est exprimée une idée générale d’ermitage, d’isolement. Une volonté de calme. Au-dessus, ailleurs que par le monde des humains; en silence.
Soudain le refrain arrive et le rythme s’accélère, avec le retour dans une vie de folie, agitée, apparaissant comme nécessaire, soudaine, peut-être imposée.

La chanson finit par le même tempo que son début. Comme une boucle infinie, constituée de la variation entre la tranquilité d’une retraite, et le monde dynamique, dont nous aurions aperçu un tour.

Il y a une vivacité simple dans ce morceau que j’apprécie beaucoup.

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