2007
Rencontre Stevy – Bilou
La rencontre Steve Jobs vs. Bill Gates : la vidéo
Le transcript de la conférence

Bien aimé ce passage, en fin de conférence:
Steve: Yeah. People say you have to have a lot of passion for what you’re doing and it’s totally true. And the reason is because it’s so hard that if you don’t, any rational person would give up. It’s really hard. And you have to do it over a sustained period of time. So if you don’t love it, if you’re not having fun doing it, you don’t really love it, you’re going to give up. And that’s what happens to most people, actually. If you really look at the ones that ended up, you know, being “successful” in the eyes of society and the ones that didn’t, oftentimes, it’s the ones [who] were successful loved what they did so they could persevere, you know, when it got really tough. And the ones that didn’t love it quit because they’re sane, right? Who would want to put up with this stuff if you don’t love it?
Voir aussi, en français: Discours de Steve Jobs à Stanford
Ensemble, le dégoût devient possible
J’étais de passage au centre commercial lundi dernier. C’est le genre de centre que l’on retrouve partout sur la planète, où s’agrègent tous types de magasins plus immenses les uns que les autres. Plusieurs proposent même des cafétéria à l’intérieur. Enfin, vous connaissez tous cela.
J’éprouve pour ce genre d’endroits un malaise de plus en plus prononcé. Ils provoquent en moi quand je les visite une fatigue extrême, un poids énorme, que je retrouve par exemple pas dans le métro pourtant bondé. C’est l’accumulation de tant de produits et d’êtres humains qui ne cesse de m’halluciner.
Ces impressions peuvent être traitées en quatre points bien distincts.
1/ Comment tant de gens peuvent fréquenter ce genre d’endroits et aimer cela ?
2/ La grouillante masse apparemment se contente facilement d’une vie extrêmement moyenne, alternant globalement entre boulot en centre-ville, pavillon de banlieue standard, et centres commerciaux d’ultra basse densité.
3/ D’un point de vue métaphysique, comment les personnes ne s’aperçoivent pas de cette certaine médiocrité, et ne désirent pas se créer un environnement plus agréable et unique.
4/ Non, rien de plus, c’était juste pour faire comme Nicolas Baverez.
Enfin, je me rends compte de ces sentiments asociaux qui surgissent en moi. Je pourrais avoir une réaction primaire et ultra-gauchiste, en militant pour la décroissance et l’alter globalisation. Mais je préfère être réaliste en disant simplement que l’humanité me dégoûte de plus en plus fortement.
Fatigue politique
Mais malgré tous ces dires anodins et perdus dans la masse blogosphérique, je remarquais samedi midi en mangeant mes lasagnes surgelées que je devenais de moins en moins libéral et de plus en plus cynique, par je m’en foutisme, en acceptant l’existence de pouvoirs très forts et tyranniques. Une partie de moi prend un certain plaisir, je l’avoue aisément, à admirer les dictateurs user de leurs prérogatives sur le bas peuple. Je trouve cela extrêmement amusant, rien que de penser aux supplices éventuels me fait sourire.
Pour cela Mao a une place particulière dans mon cœur, et occupe la première position dans ma hiérarchie de tyrans. Nos démocrates sont de petits joueurs à côté, ils ont oublié la partie la plus rigolote du programme de gouvernants, faire souffrir leurs sujets. Ça pourrait être une définition de la démocratie: Les hommes au pouvoir se gavent bien mais la règle du jeu est d’accepter quelques droits pour les sujets et ne point les martyriser (là j’y vais un peu fort).
Le communisme, parce qu’il opprime concrètement les pauvres tout en prônant l’égalité, est remarquable d’efficacité et se doit d’être ici salué. Car quitte à opprimer une certaine partie de population, autant que ce soit les pauvres, c’est plus facile, et ça les communistes l’ont très bien compris.
Être libéral m’a fatigué. Il convient de l’être l’histoire de trois quatre ans, mais être raisonnable est lassant, et il faut savoir passer à autre chose. La mauvaise foi et le cynisme sont à considérer comme une alternative réfléchie. Il convient de ne pas la négliger. Car pourquoi toujours refuser aux gens ce qu’ils attendent, des puissants aimants pour les châtier comme ils le désirent si ardemment.
Payer 50% d’impôts est raisonnable pour la plupart des gens, certains en redemandent même. Les grenouilles demandent un Roi.
Nicolas Sarkozy est élu Président de la République
J’ai acquis une certaine indépendance vis à vis du corps social et de la société, comme si tous les afflux d’informations néfastes quotidiennes du monde avaient eu raison de mon attachement à la politique. Je la suis à présent comme un spectateur à un combat de gladiateurs. L’engouement pour le vote et la démocratie a été assez extraordinaire ces dernières semaines, les gens adorent toujours autant que leurs maîtres leur demandent leur avis. Moi je dis juste que ceux-ci n’ont pas besoin de notre avis pour gouverner, ils doivent faire preuve d’honnêteté envers le peuple en stoppant le processus démocrate et affirmer leur pouvoir absolu sur la grouillante masse. La démocratie est vraiment un système méprisant pour le citoyen. Je me sens bien plus acteur de la société quand j’achète un Macintosh plutôt qu’un vulgaire PC qu’en allant voter tous les cinq ans.
Je suis de plus en plus fatigué par la politique, ce jeu traditionnel et par l’action médiatique, maintenant relayée sur le net. Au moins là, on peut choisir ses sources, et se délecter de photos de mannequins déshabillés.
Je ne crois pas vraiment en Sarkozy. En tout cas pas assez pour lui signer un chèque en blanc. Je jugerai son action quand il aura les syndicats et la banlieue dans la rue. Et ce que j’ai vu pendant cinq ans n’annonce pas grand chose d’intéressant à ce niveau, même s’il n’était que (sic) ministre d’État, il a pris parti contre le CPE et Galouzeau de Villepin, ce dont il aurait pu alors s’abstenir de faire.
C’est bien triste. Les gens ont voté Sarkozy pour de bonnes raisons, pour le kärcher, moins d’impôts, son côté modérément libéral, en se fiant à cette image de dur à cuire prêt aux réformes. Tout cela contredisant et ses actions passées aux affaires, et son programme protectionniste interventionniste, et, ne l’espérons tout de même pas, son action future.
Tous ces efforts pour lisser l’image de Bushiste ne sert qu’aux gauchistes, aux élites parisiennes et médiatiques qu’il doit se mettre dans la poche pour assurer un minimum de paix sociale, qui ne durera pas. Mais son électorat de droite n’en a cure. Il aurait très bien pu se passer de son grand écart idéologique et aurait ainsi réalisé des résultats électoraux aussi bons, en restant ainsi clair sur ses promesses de réforme. Le preuve que sa posture gauchiste n’a servi à rien est l’émergence de Bayrou en tant qu’alternative au “nouveau tyran”.
Les gens ont voté pour une illusion, un fantasme qui ne se produira pas. Le contraste entre la réalité, ce que Sarkozy propose concrètement, et son image, ce qu’il représente, est absolument saisissant. Il paraît avoir hypnotisé ses partisans.
Une démonstration très rigolote en est la réaction de Loïc Le Meur d’aujourd’hui. Il finit son billet par un « Je rêve que la France parle moins de protection que de création. J’ai confiance en toi. » qui contredit absolument et clairement le discours de son candidat avide de « protéger tous les français », répété à toutes les sauces, tant et si bien qu’il va tenter de convaincre ses partenaires européens de faire de même.
Quand Sarkozy pense à “État fort”, il ne pense pas à “État de droit” et indépendance dans les affaires économiques du pays. Remember Alstom.
Le résultat de l’action sarkozyste pour la France sera mitigé, nous avons l’habitude, et sera surtout dévastateur pour la droite à l’horizon 2012. Si Sarko le soi-disant libéral, le droitier de la droite, ne présente pas d’alternative réformatrice, que vont alors faire ses électeurs ? Ils trouveront certainement alors leur salut dans un nouveau gogo à suivre.
Le FN est dévasté, il ne se relèvera pas de sitôt, et bientôt vont arriver les luttes intestines.
Qui vivra verra.













