La campagne électorale est intrinsèquement socialiste
En plus du fond du discours des grands candidats, profondément interventionniste, la structure même de l’évènement est de nature fondamentalement socialiste.
- Les débats participatifs ne sont que des outils démagogiques faisant croire que les citoyens ont un rôle dans le débat électoral et la prise de décision. C’est aussi un moyen judicieux de prendre connaissance directement des attentes des français (comprendre en terme d’aides) pour être plus à même de les combler.
Au contraire de tout cela, la remise sur pied du “paquebot France” (pour parler comme Christophe Barbier) nécessite la mise en place de mesures difficiles n’allant pas dans l’intérêt immédiat des français.
- Les candidats s’adressent à des catégories définies de français, successivement, et non pas aux français dans leur ensemble. On le constate via:
- L’organisation de congrés provinciaux, de type thématiques. On va parler de porte-avions à Toulon, de billets d’avion gratuits et d’immigration dans les Dom-Toms, d’insécurité dans les banlieues.
- Les émissions de télé participatives où les intervenants sont choisis en fonction de leur métier, communauté, couleur de peau, handicap visible (sauf celui du langage, commun à tous), élément qui va définir strictement le discours de l’intéressé. Il est intéressant de deviner le contenu du message adressé au candidat simplement en ayant accès à sa fiche descriptive et son apparition à l’écran (Nom, profession, nombre d’enfants, origine). Un handicapé va parler de la reconnaissance des handicapés, pas d’immigration ou de charges sociales. Un immigré évoquera la discrimination dont il est vicitime, pas d’Europe. Un alcoolique voudra limite interdire l’alcool.
Ce qui induit des discours de français quasiment tous demandeurs de prébendes, ou d’intervention de l’état (protectionnisme, réglementation), en leur faveur.
On considère donc que l’on ne peut parler d’un sujet que si l’on est concerné par celui-ci. C’est le fameux “D’où parles-tu, Kamarade ?” Léninien.
On parle au producteur plutôt qu’au consommateur. Car c’est cela qui différencie les différents intervenants, et ceux-ci veulent prêcher pour leur paroisse, pas pour l’ensemble des français. Ainsi, ils se sentent différents, donc uniques.
Et quand on parle au consommateur, on ne lui promet qu’augmentation artificielle du pouvoir d’achat (via manipulation du système de fixation des prix, quand par chance on ne peut plus dévaluer sauvagement la monnaie), aide supplémentaire de l’état. Aucun ne promet une réduction réaliste des prélèvements obligatoires.
Et ce, contrairement à ce qu’affirme Katrin Bennhold dans L’esprit public de dimanche dernier, où elle prétend que Nicolas Sarkozy soutient une baisse des impôts et une économie de type “supply-side”. Loin de là. (C’était la mise au point du jour).
On pourra m’objecter que tout cela est de type communautariste, non pas socialiste. Mais le communautarisme, parce qu’il est créé par l’application du socialisme qui divise la société en divers groupes ayant un statut particulier vis-à-vis de l’Etat, et quelque part privilégié, est le socialisme.
Sur le fond, on notera pour finir un autre indice important: l’absence totale de volonté de réforme institutionnelle, élément nécessaire pour relancer le pays.
Ce qui montre bien l’inanité de cette campagne, et la non-crédibilité des annonces de réformes.
