Back from camden

2007

La campagne électorale est intrinsèquement socialiste

En plus du fond du discours des grands candidats, profondément interventionniste, la structure même de l’évènement est de nature fondamentalement socialiste.

- Les débats participatifs ne sont que des outils démagogiques faisant croire que les citoyens ont un rôle dans le débat électoral et la prise de décision. C’est aussi un moyen judicieux de prendre connaissance directement des attentes des français (comprendre en terme d’aides) pour être plus à même de les combler.
Au contraire de tout cela, la remise sur pied du “paquebot France” (pour parler comme Christophe Barbier) nécessite la mise en place de mesures difficiles n’allant pas dans l’intérêt immédiat des français.

- Les candidats s’adressent à des catégories définies de français, successivement, et non pas aux français dans leur ensemble. On le constate via:

- L’organisation de congrés provinciaux, de type thématiques. On va parler de porte-avions à Toulon, de billets d’avion gratuits et d’immigration dans les Dom-Toms, d’insécurité dans les banlieues.

- Les émissions de télé participatives où les intervenants sont choisis en fonction de leur métier, communauté, couleur de peau, handicap visible (sauf celui du langage, commun à tous), élément qui va définir strictement le discours de l’intéressé. Il est intéressant de deviner le contenu du message adressé au candidat simplement en ayant accès à sa fiche descriptive et son apparition à l’écran (Nom, profession, nombre d’enfants, origine). Un handicapé va parler de la reconnaissance des handicapés, pas d’immigration ou de charges sociales. Un immigré évoquera la discrimination dont il est vicitime, pas d’Europe. Un alcoolique voudra limite interdire l’alcool.
Ce qui induit des discours de français quasiment tous demandeurs de prébendes, ou d’intervention de l’état (protectionnisme, réglementation), en leur faveur.

On considère donc que l’on ne peut parler d’un sujet que si l’on est concerné par celui-ci. C’est le fameux “D’où parles-tu, Kamarade ?” Léninien.
On parle au producteur plutôt qu’au consommateur. Car c’est cela qui différencie les différents intervenants, et ceux-ci veulent prêcher pour leur paroisse, pas pour l’ensemble des français. Ainsi, ils se sentent différents, donc uniques.
Et quand on parle au consommateur, on ne lui promet qu’augmentation artificielle du pouvoir d’achat (via manipulation du système de fixation des prix, quand par chance on ne peut plus dévaluer sauvagement la monnaie), aide supplémentaire de l’état. Aucun ne promet une réduction réaliste des prélèvements obligatoires.
Et ce, contrairement à ce qu’affirme Katrin Bennhold dans L’esprit public de dimanche dernier, où elle prétend que Nicolas Sarkozy soutient une baisse des impôts et une économie de type “supply-side”. Loin de là. (C’était la mise au point du jour).

On pourra m’objecter que tout cela est de type communautariste, non pas socialiste. Mais le communautarisme, parce qu’il est créé par l’application du socialisme qui divise la société en divers groupes ayant un statut particulier vis-à-vis de l’Etat, et quelque part privilégié, est le socialisme.

Sur le fond, on notera pour finir un autre indice important: l’absence totale de volonté de réforme institutionnelle, élément nécessaire pour relancer le pays.
Ce qui montre bien l’inanité de cette campagne, et la non-crédibilité des annonces de réformes.

Paris is Insane

Je suis d’accord avec l’analyse courante de l’affaire Duhamel: Le suspendre est hypocrite. Tous les journalistes ont un avis sur la politique, plus ou moins bien dissimulé. Et quand il est exprimé un peu trop clairement, il arrive que ça dérape, comme c’est le cas en l’espèce.
Mais le véritable problème est que ce joli petit monde parisien veut nous faire croire que les journalistes sont neutres, se plaçant au-dessus de la mêlée.
Alors au lieu de n’en virer qu’un pour l’exemple, tous devraient prendre position publiquement, ce qui permettrait aux gens de choisir leurs sources d’info librement et en toute transparence, en faisant la part des choses.

De plus, l’attaque par l’intéressé contre Internet et les blogs, qui auraient “découvert” l’affaire, est scandaleuse et totalement inapropriée.
Avec le web, monsieur Duhamel a perdu avec ses confrères le monopole de l’information et partant son contrôle, il devrait en prendre acte et se féliciter de la nécessité de transparence et d’honnêteté que cela apporte, non pas critiquer un système qui le concurrence directement, juste parce qu’il en est la soi-disante victime aujourd’hui.
En réalité, il aurait du s’attendre à ce genre de mesures. Lors de sa sortie sur Bayrou, il n’était pas dans sa salle à manger, mais dans un amphithéatre de l’IEP. S’il est assez naïf pour croire que ses propos ne peuvent pas avoir de conséquences dans de telles circonstances, il convient alors de s’inquiéter de sa vision de la société actuelle, tellement années 70, tendance ORTF.

Refs: 1, 2

Ancien Régime Style

Il faudrait calculer la probabilité pour qu’une fille d’un père Président de service public télévisuel et d’une mère directrice de communication d’antenne2 (chaîne publique), se retrouve présentatrice vedette sur la même chaîne, en rapport au nombre de candidats exubérant pour ce métier.

Qui est Virginie Guilhaume?…la nouvelle recrue de France 2 pour le 14/02

“J’ai 29 ans, je suis parisienne…et surtout je suis une enfant de la télé! Je baigne dans cet univers depuis que je suis toute petite. Je viens du sérail : mon père a été président d’Antenne 2 et FR3 en 1989, et ma mère, directrice de communication de la deux.”
Elle avoue n’avoir aucune expérience en tant qu’animatrice mais depuis septembre elle travaille du côté production sur l’émission Tenue de soirée de Michel Drucker.
A-t-elle eu du piston? et bien elle répond non. “En avril dernier France 2 recherchait de nouveaux visages pour la présentation. J’ai participé au casting. Récémment Nicolas Pernikoff directeur des variétés et divertissement m’a contactée. Ma spontanéité et ma générosité ont plu.

Je ne suis pas contre le piston, il a toujours existé, il existera toujours (et d’autant plus que la société est socialiste), et il est naturel lors d’un choix quelconque de privilégier ses proches à des inconnus. Tout le monde n’est pas Bill Gates, et ne peut “se faire” soi-même.

Mais il s’agit ici d’une chaîne publique. Partant, de l’argent des français. J’aimerais donc un minimum d’éthique de la part des décideurs de la chaîne, qui pourraient tenter de choisir quelqu’un ne faisant partie du sérail.

Alors si ils décident de continuer l’application de l’hérédité des charges, voici ce que je leur demanderais, au moins:
- Prenez-nous moins pour des cons, par exemple en évitant de sortir de telles énormités dans les journaux. Car, même s’il n’y a pas eu piston lors du casting de l’intéressée, on aimerait savoir comment elle est entrée à France2 pour travailler avec Drucker.
- Faîtes en sorte que cela se voit moins.
Car, 1/ c’est au minimum gerbant pour le citoyen lambda, 2/ vous passez pour des cons, 3/ faudra pas vous plaindre quand les bolchéviques seront au pouvoir.
- Arrêtez de nous les briser avec votre lutte antidiscrimination, arrêtez de nous donner des leçons de savoir-vivre, et remballez votre HALDE gestapiste venue surveiller nos moindres choix.
Voilà, si vous respectez ces quelques simples préceptes, je ne verrai pas d’inconvénient à ce que vous continuiez votre minable petit copinage.

Translation

Scarlett Johansson

Everything comes to an end

Dexter

La saison 1 de Dexter est sortie cet automne sur Showtime (chaîne qui passe aussi l’excellent Weeds, le pendant démocrate de Desperate Housewives). Son histoire tourne autour d’un médecin-légiste de Miami, qui, par le fait d’évènements traumatisants de son enfance, est devenu un être dépourvu de tout sentiment. Il en résulte pour Dexter une volonté irrésistible de tuer, mais avec la particularité que cette pulsion est canalisée par des règles et manières de procéder enseignées par le père adoptif de Dexter. Selon ces règles, Dexter ne devra tuer que des criminels impunis, qu’il retrouvera aisément via sa collaboration active avec la police de la ville. Dexter est donc un serial-killer justicier, si tant est que ce concept puisse être valable.
Même si j’ai appris à me méfier des films et séries policiers innombrables de type Les Experts, qui ont une forte tendance à la répétition, j’ai beaucoup apprécié ces douze épisodes de Dexter. Et ce même si la solution à l’énigme est très aisément identifiable (environ quatre épisodes avant la fin). Mais l’intrigue est très réussie, le jeu entre le justicier et le criminel prenant. C’est l’environnement qui m’a le plus marqué. Miami, des espaces clairs, paysages ensoleillés, intérieurs modernes.

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Je m’interroge fortement sur l’intérêt d’une suite à la saison 1. Je vois mal à l’avenir une nouvelle intrigue concerner directement le personnage principal, celui-ci ayant déjà tout donné. Nous risquons de nous ennuyer ferme s’il se contente du rôle de justicier dont le principal souci est de rester masqué.

Fiche IMDb
Dexter sur SeriesLive
Dexter sur Allociné

Cellules grises dégénérescentes

La salle d’attente d’un hôpital ce matin me permet de croiser des membres de l’espèce humaine. Et comme à quasiment chaque occasion de ce genre où je dois rester le cul ancré à une chaise à attendre, les gens commencent à me parler. Un peu comme dans le TGV de Paris, il y a plus d’un mois, où je fallis (à) trouver l’âme soeur. Je trouve cela amusant. Un genre de communication en temps de crise. En même temps cela me rassure, car ces séquences d’échange restent un de mes seuls points de ralliement à l’humanité. J’ai tendance à regarder les gens se mouvoir dans le monde de façon totalement détachée, extérieure, comme si je ne faisais pas partie de leur monde. Tout en ne me plaçant pas au-dessus d’eux, mais plutôt à côté, dans un univers parallèle. J’ai quelque peu échoué à rentrer dans le jeu de la société, à me trouver un rôle, rendre des services pour gagner de l’argent, rencontrer des personnes. La normalité.

Alors de quoi m’entretient-on dans les hôpitaux de province, alors que je rate un Sudoku du quotidien local, sénsé être de niveau Facile (nous sommes le premier jour de la semaine) (encore une preuve de dégénéréscence de mes cellules grises). Voici une structure de conversation classique: parler des petits bobos, des expériences personnelles diverses, pour arriver irrémédiablement aux maladies nosocomiales. Nous sommes, tous (trois) présents, scandalisés par ces infections attrapées au lieu de la prétendue guérison. Mais que faire. Mon interlocutrice au profil probablement sarkozyste propose de boucler les hôpitaux, en installant des zones obligatoires de désinfection aux entrées, pour toute personne sans exception. Je n’émettrais à son encontre aucune critique directe sur cette proposition. Car cela impliquerait le devoir d’expliquer qu’il faudrait plutôt procéder par incitation, en posant le problème de la responsabilité des hôpitaux pour ce type de maladies, qui comme nous le savons n’est pas reconnue par les tribunaux. Et cela me rappelle un énième incident de TGV le mois dernier, un quai de gare de la banlieue parisienne accueillant tous les passagers du train en panne, et la rencontre ratée d’une possible âme soeur. Allais-je alors commencer une diatribe sur le fait que la SNCF est une entreprise publique gavée de subventions étatiques, ceci étant la cause des problèmes à répétition de notre train du vendredi soir? Aurais-je le courage de voir les yeux écarquillés de mes auditeurs, me faisant passer pour fou? Arrêtez de me casser les couilles à vous plaindre, pensais-je en mon sein.

Tout va bien

Mêlée guadeloupéenne pour Ségolène Royal – Yahoo! Actualités

Dans les rues aux balcons ouvragés de la ville, la candidate socialiste à la présidentielle n’a pas pu terminer sa visite à pieds devant l’affluence.

Les balcons ouvragés. Tout à l’heure Claire Chazal, dont le futur époux Philippe Torreton soutient Mme Royal, qualifiait l’accueil pour la Royal de chaleureux. C’est si magnifique, les larmes me montent aux yeux. Bénissons le Seigneur pour nous avoir épargné une bourde en ce jour Saint.
“Les larmes me montent aux yeux”, je ne suis pas vraiment sûr de l’exactitude de cette expression. Et de plus en plus souvent je commets des erreurs d’expression, de vocabulaire, de conjugaison, et j’éprouve le besoin constant de me référer à Google, et aux dictionnaires en ligne. Mon cerveau a quasi-définitivement abdiqué dans sa mission de connaissance et de mémoire. Delicious est en train de le remplacer avantageusement, ainsi mes cellules grises ne seront plus qu’un simple couloir, l’information une fugace inscription neuronale. Cela fait longtemps que je n’ai plus l’énergie d’intégrer, de synthétiser mentalement un document, afin de le réutiliser par la suite.
Tout cela à cause d’une utilisation nocive du web. Je veux dire, cela pourrait être constructif, mais je préfère le prendre tel un refuge au monde réel, afin d’oublier mes problèmes qui m’attendent dans ma First Life.
Enfin tout cela est beaucoup de bavardage, pour simplement constater mon comportement quasiment épilectique, mon incapacité de concentration, et ce même en regardant une série de cinquante minutes, par exemple, je ferais une pause vers le milieu de l’épisode pour mettre à jour mes feeds et mails. Pendant que j’écris ces quelques lignes j’aurais consulté quelque forum et blogs une poignée de fois. C’est ironique car j’ai en même temps la conscience de cette décadence profonde de ma réflexion, et ces quelques lignes pourraient constituer une contradiction performative. Mais il n’en est rien.