Back from camden

2007

Solidarité naturelle

J’ai eu hier après-midi la surprise de voir venir taper à ma porte un couple de promeneurs dont la voiture venait de tomber en panne. C’est de bon cœur que je leur offris la possibilité de téléphoner à leur assistance-auto, accompagné d’un petit café.
Et bien, ne voilà t-il pas que je les vois revenir aujourd”hui, avec en guise de remerciement une bonne bouteille de vin.
Je suis assez étonné et déçu par ce geste. Car quoi de plus naturel que d’aider concrètement des personnes dans le besoin. Je considère cela comme une action purement gratuite non susceptible d’être remerciée de la sorte. Un remerciement chaleureux et une attitude polie me paraîssaient suffisants en retour.
C’est comme si la solidarité naturelle la plus élémentaire était devenue exceptionnelle, remarquable. Et je ne le pense pas. Je crois que les gens sont plus ou moins aussi aimables avec une personne en panne.
Le souci se situe plutôt, il me semble, dans la perception de la solidarité des autres, considérée comme hors du commun.

L’Exception Chiraquienne en politique internationale

Ce texte est plein de raccourcis, manque terriblement de fond et d’explications sérieuses sur le sujet. Il peut être sujet très facilement à la critique. Voilà ce que je pense de ce billet.

S’il y a bien une constante dans les commentaires politiques français, c’est le rejet du bilan Chirac, à l’exception, selon la pensée mainstream, de l’opposition aux Etats-Unis concernant l’intervention des Alliés en Irak. Voilà soi-disant de quoi redorer l’action de notre Cher Président. Cette prise de position protègerait la France d’éventuelles attaques terroristes. N’est-ce pas à cause de l’Irak que la Grande bretagne et l’Espagne on été frappées?
Mais la réalité pourrait bien rattraper nos commentateurs géostratégiques. Car si l’on en croit les Renseignements Généraux, les risques d’actions violentes islamistes en France sont évalués comme extrêmement probables, à l’approche des élections fin avril.
Ces grands stratèges pourront moins faire les gentils pacifistes unis contre le méchant Oncle Sam si une vague d’attentats frappe la capitale. Eux qui se croient protégés par le refus de la guerre et le développement du “dialogue” et de solutions politiques à la crise internationale seront bien étonnés d’être classés comme des infidèles à éliminer.
Je me prépare donc à la délectation de leur fine analyse géopolitique. Je les entends déjà s’étonner d’être classés comme ennemis de la cause terroriste, nous qui les soutenons si activement, que ce soit en protégeant le Hezbollah au Liban depuis l’été dernier, ou en organisant un référendum mondial anti-américain au printemps 2003.

Qu’à cela ne tienne, les conséquences d’un attentat en france ne bouleverseraient pas les consciences. Le constat serait simple: «Nous n’avons pas été assez gentils, nous ne les avons pas assez écoutés». Découlerait logiquement encore plus de dialogue, de soumission et de repentance.

Concernant l’Irak, on pourra noter au passage un double standard Irak – Afrique. Pour le journaliste de LCI Vincent Hervouët par exemple, la politique française en Afrique est mauvaise, pour cause de soutien à des régimes corrompus et l’inefficacité des aides pour les populations locales. Certes. Il semblerait cependant que la teneur de telles critiques ait du mal à dépasser le Canal de Suez. On compte sur les doigts d’une main les références au soutien français au régime de Saddam. Et il faut lire via le net la presse anglo-saxonne pour être tenu au courant de l’affaire pétrole contre nourriture où sont mis en cause de hauts diplomates français.

Il est décidé unilatéralement qu’il n’y aura pas de chute à cette note. Résolution votée. Résolution adoptée.

Baltar again.

« – Baltar again.

[...]

- Fine. Then try the son of a bitch and be done with it.

- We have to give him a trial, but under what law?
Caprican? Picon? Tauron? Do we give him a jury trial? Do we set up a tribunal?
We don’t even have anything closely resembling a comprehensive law library, and this fleet is not exactly brimming with legal talent.

- You bring lawyers into this, they’re gonna drag you around for months.

[...]

– I am ready to set up an organizing committee, but frankly, trying to get a room full of legal scholars to stay on task is like herding cats.
And so, I need to set up a chairman of this committee.
Somebody who can make a hard decision, and who won’t get seduced and bogged down by all the legalese.

[...]

We can use the lawyers to parse the law, but we really need people who actually know the difference between right and wrong. »

Battlestar Galactica, Saison 3, Episode 15

Un peu de Banjo mythique

Une des plus belles scènes de cinéma.
Delivrance

Où va l’argent.

Cent barrages dangereux en france

Un programme de rénovation sur 5 ans est prévu par EDF. Son coût: entre 500 et 550 millions d’euros. problème, il n’est pas encore validé par la direction.

500 millions d’euros. Pile le montant de la dotation annuelle au comité d’entreprise d’EDF.

Not so beautiful

Une chose retient mon attention chaque jour qui passe: l’onglet “People” sur la page d’accueil de Yahoo.fr. Grâce à ce petit cadre, je peux être tenu au courant des moindres faits et gestes des stars hollywoodiennes. C’est ainsi que, blême, j’apprends la diffusion d’une vidéo d’Anna Nicole Smith post-mortem. Etonné, que Ben Affleck a perdu deux fois sa virginité. Mais le pire du voyeurisme concerne sans contestation possible Britney Spears. Une brève sort à son sujet chaque jour que Dieu fait. Ces derniers temps donc, après s’être rasée les cheveux sur un coup de tête, dont les mèches de vendent à prix d’or sur ebay, elle a intégré un centre de désintoxication. Je me dis alors qu’elle va pouvoir enfin disparaître quelques temps des magazines grand public. Que nenni. Nous saurons dès le lendemain, blasés, qu’elle a fugué de l’hôpital, et s’est réfugiée dans un hôtel de Beverly Hills (dont on nous fournit le nom exact) pour échapper aux paparazzi.

Ce qui me fait évoquer tout ce monde, assez fascinant je l’avoue, c’est pour cette dernière news qui vient de sortir, battant tous les records d’indiscrétion:

L’acteur Brad Pitt et sa compagne Angelina Jolie verraient un conseiller conjugal afin de régler leur problème de couple. Ils ont décidé d’engager un professionnel afin de dépasser cette crise passagère.

Un proche de Brad Pitt et Angelina Jolie a déclaré : « Cette année est un moment crucial. … Angelina doit réaliser que Brad a besoin de stabilité et Brad doit arriver à comprendre son ambition comme ambassadrice dans le monde. »

Dans l’entourage de Brad Pitt, on s’étonne encore que lui et Angelina Jolie ne se soient pas encore mariés.

Enfin, à part ça, je suis allé poser une question à Philippe de Villiers pour son chat en direct, toujours sur Yahoo. J’ai demandé naïvement pourquoi il était protectionniste, alors que l’inefficacité de cette politique est démontrée depuis au moins 150 ans. Comme ma question devait être au moins la 300ème prévue, je n’ai à aucun moment douté que j’étais en train de pisser dans un violon.

Suffrage oligarchique

Yves-Marie Adeline analyse très bien les choses: Il y a trois tours à l’élection présidentielle, et le premier d’entre eux appartient aux élus de la république. Voilà un excellent révélateur de la nature pseudo-démocratique de notre régime.
Un des principes les plus importants de notre système est: la liberté sous surveillance.
Elle est exactement appliquée dans le domaine du droit de la concurrence. La théorie de la concurrence pure et parfaite accorde la liberté d’agir aux acteurs économiques, dans un cadre délimité par des technocrates, au motif fallacieux de protection des consommateurs. Cette liberté est étroitement surveillée, et le moindre écart, comme une entreprise ayant des résultats trop bons, ou des manœuvres inhabituelles, est sanctionné.
Il en est de même en politique. L’exigence des 500 signatures, justifiée par une soi-disant exigeance de représentativité, donne in fine aux élus un contrôle des choix soumis aux électeurs.

Mise à jour:
Christophe Barbier, dans on émission sur LCI du 23 février où il accueillait Marine Le Pen, défend implicitement ce point de vue, quand il déclare que le parrainage des maires doit être public et assumé, car il s’agit d’un choix politique.

Libération titre sur Le Pen

On pouvait lire sur la couverture de Libération d’hier, lundi 19 février, le titre: « Papon est mort », et juste en-dessous en gros caractères, « Le Pen est toujours vivant ».
Autrement dit: Comment pouvons-nous tolérer que Le Pen soit en vie.
Qu’attendons-nous donc pour le liquider. C’est ce que l’on nomme un appel au meurtre. Nul doute d’ailleurs que les journalistes de ce quotidien fantasment déjà la Une du jour de sa mort.
Mais plus que l’individu Le Pen, c’est le symbole dont on veut se débarasser, le vote ras-le-bol poujadiste de six millions d’électeurs, et du refus du modèle de social-démocratie politiquement correcte proposée.
Et ils vont y arriver: Imaginons que Le Pen soit liquidé. Ou bien n’allons pas jusque là, supposons simplement qu’il ne puisse se présenter aux élections, par manque de signatures d’élus nécessaires.
Un tel déni de démocratie créerait une réaction, par hypothèse des violences de citoyens excédés. Ce qui engendrerait une contre-réaction du pouvoir en place, de type républicano-démocratique, avec comme justification la lutte contre le retour du fascisme par tentative de coup d’état. Etc etc.
En réalité, les évènements actuels, et d’un passé récent, s’enchaînent précisément pour mettre en place ce type de contre-réaction.
Tout comme, à une échelle inférieure, le matraquage policier constant sur les citoyens, les contrôles routiers, radars, amendes à répétition, ne sont là que pour provoquer une réaction des usagers de type anti-système, pour amener à son tour une sanction, un “tour de vis”, contre ce genre d’agissement anti-citoyen.
Le système, d’essence totalitaire, car ne comportant pas de contre-pouvoir efficace, se nourrit des pseudo-tentatives de rébellion pour éliminer au fur et à mesure de potentielles menaces – dans un futur lointain, et accroît ainsi son contrôle sur la société.
Le pouvoir a besoin d’ennemis pour survivre et justifier ses échecs. A l’extérieur, il est tout trouvé. C’est le capitaliste sans cœur et sans frontière, le spéculateur, de préférence américain, juif.
A l’intérieur il choisit de préférence des catégories faibles, où les individus sont atomisés, non enclins à l’auto-défense, naïfs et non violents, droits de l’hommistes, n’ayant pas le sens des réalités de la cruauté potentielle chez l’homme, et surtout de la direction que prend la société actuelle.