Ainsi la finaliste de la Star’ac est Magalie.
Celle que les connaisseurs de la mythique série Dragon Ball Z du Club Dorothée (Dorothée qui d’ailleurs va faire son retour à le télé, chez Drucker), surnomment affectueusement Boubou, a réussi à franchir la fatidique demi-finale, là où elle était opposée à deux autres chanteuses – en devenir – Ely et Emilie. C’est la une prouesse incroyable, qui a vraiment surpris tout le monde. Et surtout les organisateurs du jeu, Endemol, Universal, TF1…
Je les imagine verts de rage, vendredi, devant leur téléviseur.
Après l’exclusion du CAC 40 de TF1 par le sinistrement intronisé EDF, c’est une autre désillusion pour la première chaîne nationale. Tout cet investissement dans la création d’une nouvelle star people, prête à polluer les plateaux TV de la Seine Saint Denis, il est perdu, envolé. Car imaginez-vous un instant Magalie invitée des Enfants de la Télé? Arthur doit s’en arracher ses restes de cheveux. Il devait plutôt parier sur Emilie-Catherine-Lara-Fabian, son sourire crispé et ses phrases définitives. Ou bien les jolies fesses d’Ely, que l’on a pu admirer en gros plan il y a quinze jours en sortie de piscine, tentative ratée de la production pour évincer la pauvre Magalie, alors rivale de la québecoise volante.
J’imagine Patrick Le Lay, seul à l’arrière de sa Vel Satis, vendredi soir, roulant vers Deauville, son téléphone G3 à la main, la Star’ac en direct, envoyant des SMS désespérés pour faire gagner les deux autres artistes en recherche de leur personnalité artistique.
C’est une terrible désillusion.
Ce Vendredi 2 Décembre referme le triptique infernal de la France d’en bas, la France qui fait entendre sa voix à ses bergers parisiens et parisiannistes.
Ces gens drogués au Pernault de 13H, aux jeux Lagaffiens, c’est la France populaire. Cette France s’est depuis quelques semaines trouvé sa Marianne, sa Miss France à elle (Magalie tient-elle un skyblog?). Eux qui n’ont pas la chance de porter des gênes faisant d’eux des canons de beauté, des taille de guêpe et torses de quinze de France. Ceux sont ceux-là qui zieutent timidement le Madame Figaro, tous les dimanches, sur la table basse de leur bourgeoise cousine, admirant les modèles über-hype, habillés en Jean-Paul Gauthier.
Ces filles rejetées de la cour décole, frustrées, modérément dépressives, sentant la margarine avariée, l’huile de friture millénaire, oui, elles se reconnaissent dans la Magalie châtelaine promue star de l’année TF1.
Ceci est un beau roman. Un conte de fées. Une belle histoire. C’est pourtant la vérité.
Revenons à présent sur ce fameux triptique.
Celui-ci a commencé le 21 avril 2002, “séisme” que tant de journalistes ont commenté avec passion, et surtout beaucoup de pleurs. Ce jour-là, l’Atelier de la Nouvelle France post-socialiste se retrouve débordé par son extrême-droite, par la bête immonde qu’elle a enfanté de ses entrailles mêmes. C’est le bas peuple qui a trouvé un bon défouloir contre ses ses bergers, ses maîtres.
Le second volet du triptique, il a lieu le 29 Mai dernier, jour où l’hypra-Constitution volcanique est rejetée. On ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs. Ce Non est un mélange délicieux de toutes les tendances possibles et imaginables.
Mais peu importe ces jeux politiciens sordides, c’est encore la sous-France qui hurle alors son désespoir. Elle rejette le système politique, l’organisation de ce grand tout machiavélique.
Que de ratiocinations. On peut être étonné de tenter un rapprochement entre ces échéances électorales et ce jeu de variété quelconque.
Et pourtant? Et pourtant, oui, c’est toujours la même surprise, ce David contre ce Goliath, les souhaits de nos parisianistes, visant à former une télé toujours plus formatée, ou bien une société toujours plus réglementée par des lois tragiques, rejetés, par la France magique, la France millénaire.